POINT DE PRESSES TENU CE SAMEDI, LE 26 septembre 2009 A LA SALLE DE REDACTION DE LA RADIO BOBOTO D’ISIRO
THEME: INCIDENCE SOCIALE DE LA PRESENCE DE LORD RESISTANCE ARMY (LRA) AU TERRITOIRE DE FARADJE ET DANS UNE PARTIE DU TERRIROIRE DE WATSA.
Les informations que je vous livre maintenant sont celles que j’ai récoltées comme témoin oculaire lors de ma mission de service à l’Est du District de Haut Uélé, donc à l’Est du Diocèse d’Isiro-Niangara, précisément au territoire de Faradje, sur les axes Faradje Aba, Faradje Durba, Tadu Kitambala, Durba Makoro.
Vous vous rendrez compte que les rebelles de la LRA de Joseph KONY sont opérationnels dans cette contrée et que les exactions commises par eux provoquent une incidence sociale très considérable sur les plans sécuritaire, économique et surtout scolaire.
1. Constat
En parcourant cette contrée, l’on constate que la population s’est déplacée soit du parc de la Garamba, soit des campagnes et villages éloignés vers les centres plus ou moins sécurisés, abandonnant aux champs et à la merci des éléphants, des sangliers et des rongeurs, leurs céréales et tubercules qui constituent des sources de revenue pour la scolarisation des élèves. Les nouveaux champs entrepris tout au long de grand-route ne donnent pas encore de produits vivriers destinés à l’autoconsommation et à la vente. Les parents manifestent le désir réel de scolariser leurs enfants, ils se butent cependant à l’impossibilité de s’acquitter des frais scolaires par manque de moyen financier.
2. Actualités
Les éléments de la LRA continuent à sévir dans la région même si l’opinion tant nationale qu’internationale tend à minimiser la portée exacte de cette situation. Maintenant n’entend-t-on pas dire qu’il n’y a plus de LRA dans cette région, ou plutôt il n’y a que des bandits ou Ninja congolais ! La stratégie-même des militaires de FARDC tend à appuyer cette thèse, car en cas d’attaque de la population par les éléments de la LRA, nos militaires se limitent à tirer plusieurs coups de balles dans l’air pour repousser les ennemis, sans les arrêter, ni les paralyser.
Je vous présente maintenant la situation de deux dernières semaines :
- Jeudi, le 17 Septembre 2009, à 19h00 il y a eu pillage à Tanzi, un village situé à 7km de Makoro, sur l’axe Durba Makoro, d’une camionnette 4WD en provenance de Butembo. Bilan : Marchandises emportées, des hommes kidnappés dont le boy chauffeur qui réussira à s’échapper quelques heures plus tard, le commandant FARDC tué et enterré à Makoro, vendredi le 18 Septembre 2009.
- Dimanche, le 20 Septembre 2009, pillage des villages suivants : Galayi et Lukuku en Territoire de Faradje, ensuite Lindi et Surur en Territoire de Watsa. Bilan :
Hommes, chèvres et poules emportés. Parmi les capturés il ya 7 enfants pris à Lindi dont la chapelle a été incendiée, le catéchiste de Galayi arrêté puis relâché le soir, un militaire de FARDC blessé au bras et finalement plusieurs déplacés vers le centre de Durba.
- Mercredi, le 23 Septembre 2009, les éléments de la LRA ont lunché à coups de machette le chef de localité de Mariadro et la victime a été enterré à Gatanga, jeudi, le 24 Septembre 2009.
3. Qui sont les vrais auteurs de ces exactions ?
Nous trouvons la réponse à cette question dans les témoignes concordants des rescapés dont 8 enfants que j’ai vus à Durba. Que soit noté en passant que tous ces enfants souffrent continuellement des maux de tête et de ventre, ainsi que de traumatisme.
Sur tous les points d’attaque du côté LRA se retrouvent les militaires ougandais Tsoli (tribu de Joseph KONY) et de baganda, des soudanais, ainsi que des congolais enrôlés de force. La tendance actuelle de cette force est de s’attaquer à la FARDC et de capturer un grand nombre d’enfants congolais.
Selon cette source, les 2 rives de la rivière Nzoro, à la hauteur de Kafuli, Mariadro, Biriki, Kialo, Nyari et même Kariyo constituent un champ de chasse à l’homme pour remonter l’effectif de la LRA affaibli par l’armée ougandaise (UPDF). Ce renseignement a été confirmé mardi, le 22 dernier par 2 rescapés qui ont informé un capitaine FARDC à Abimva que les éléments de la LRA ont une base importante à Kirakedhe au confluent des rivières Lowa et Nzoro, aux environs de Nzopi. Cet officier leur répondra que ses moyens sont limités pour mener une opération de grande envergure. Par ailleurs, le mont MOWA, situé à l’Ouest de Tadu, est identifié comme une autre base de ces malfaiteurs qui, poussés par la faim, viennent voler la nourriture à Tomati et ses environs.
Tandis que la population vivant sur l’axe Faradje-Kurukwata se voit sécurisée réellement par les militaires ougandais qui se présentent respectueux aux civiles congolais et qui ont nettoyé la contrée de tous les éléments dangereux. L’on regrette qu’ils soient là seulement pour une courte durée.
L’insécurité persistante et le traumatisme ne permettent donc pas à beaucoup de parents d’envoyer leurs enfants à l’école, quand bien même qu’ils se refugieraient à la proximité des établissements scolaires.
Les écoles qui ont été incendiées commencent à être reconstruites à zéro, ce qui compromet le déroulement normal des activités scolaires dès le début de l’année.
4. Quelques résolutions et souhaits
4.1 L’organisme non gouvernemental « Association pour la Protection de l’Enfance au Congo »(APEC) s’engage à dresser des locaux à bâche là où les écoles ont été totalement incendiées ou à ajouter ainsi à des grandes écoles quelques salles et les équiper afin d’augmenter leur capacité d’accueil ou de rendre possible leur fonctionnement. Il a ciblé pour ce faire 40 écoles primaires situées sur la voie Awago, Tadu, Faradje et Kurukwata.
4.2 La population de Faradje est reconnaissante au Gouvernement provincial qui a pris en charge les frais des évaluations nationales (TENAFEP et EXETAT). Sans renoncer à leur responsabilité les parents souhaitent, au moment où ils sont en train de se réorganiser, que pareille assistance se multiplie en leur faveur tant par le Gouvernement national que provincial et par d’autres partenaires.
4.3 Que le SECOPE accélère le processus de prise en charge de nouvelles unités et nouvelles écoles sinistrées dont les dossiers ont été régulièrement acceptés.
4.4 Au lieu des déclarations démagogiques, que la sécurisation réelle de toute la région occupée par la LRA fasse la préoccupation du Pouvoir organisateur de l’enseignement, car les parents, les enseignants et les élèves vivent continuellement dans la peur d’éventuelle déstabilisation.
Abbé Sylvain MALITANO LALIMA
Coordinateur diocésain des écoles
|